
Les lacunes de la documentation ne permettent pas de retracer les vicissitudes qui ont présidé à la remise de l'église de Mernel au chapitre de Saint-Malo par le pape Lucius III en 1181. Mais, dans le contexte de la "réforme grégorienne", cet acte semble prendre place dans le vaste mouvement de restitution consenti par les détenteurs de biens d'Eglise, à l'instar de ce "Petrus Meleine laïcus parrochianus de Merrenel", qui abandonne en 1250 à l'évêque de Saint-Malo le tiers des dîmes en blés et vins qu'il possédait à Mernel, ainsi qu'à Maure, Campel et Loutehel. Désormais, l
es évêques de Saint-Malo seront jusqu'à la Révolution patrons et décimateurs de la paroisse, et ce fait peut expliquer que saint Martin, patron primitif de l'église fut évincé au profit du patron diocésain.
On ne sait par quelles péripéties le fief de Mernel échut dans la mense épiscopale. En 1682, un aveu rendu par Mgr du Guémadeuc précise qu'il "est deub audit évesque obéissance, foy et hommage par les seigneurs du Corrouët, du Pontrouault, de la Vieuville, de la Guisnebergère, de la Pacaudaye...", tandis que celui de la Châteigneraie est tenu de recueillir les rentes féodales en qualité de prévôt féodé de l'évêque.
Si le corpus patrimonial s'avère dans l'ensemble relativement modeste, il semble qu'il faille incriminer ce phénomène de reconstruction et de modernisation du bâti qui affecte l'ancien pays d'Anast entre 1840 et 1940, et qui semble avoir été à la fois plus important et plus sévère à Mernel que dans les communes voisines.
De l'époque médiévale, toujours parcimonieuse, sont conservées les grandes mottes castrales qui recèlent un grand
intérêt archéologique et quelques belles croix de chemin comme celle de Saint-Maure. Exceptées la chapelle de Joie et la remarquable croix de la Chauvinais, l'architecture de l'époque moderne est peu représentée, et n'offre souvent que des vestiges, comme le colombier de la Guimbergère ou la Maison de Richebonne. Dans le contingent des oeuvres plus récentes qui constituent l'essentiel du patrimoine communal, quelques pièces notables se détachent, tels la demeure de Tellian, le presbytère ou la ferme modèle de Mac-Mahon.
(Source : Conseil régional de Bretagne, Service régional de l’inventaire. Enquêteur : Gilbert Xavier).
Nombre d’habitants
(source : INSEE)
1968 : 639 habitants
1975 : 636 habitants
1982 : 727 habitants
1990 : 702 habitants
1999 : 754 habitants